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Les Rotariens

L'idée de base de Paul Harris était de grouper dans l'amitié des gens de professions différentes et les faire agir ensemble, pour le bien de la collectivité où ils exercent leurs activités et, de proche en proche, de l'humanité entière.

Le Rotary, le lui a-t-on reproché..., groupe par cooptation des hommes, et depuis 1989, officiellement des femmes, qu'il pense être les meilleurs dans chaque profession. Mais il ne faut pas confondre le Rotary, ni avec le Gotha, ni avec le Who's Who. S'il s'agit d'un élitisme, c'est d'abord celui de la disponibilité et de la bonne volonté. Ceux qui tentent de se faire introduire dans le seul but de porter un insigne, paraît-il envié, s'éliminent d'eux-mêmes très rapidement.

Par "meilleurs", il ne faut pas entendre forcément les plus importants, mais les plus agissants, les plus compétents, les plus respectueux des règles déontologiques de leurs propres professions. Il n'est pas surprenant de constater que la plupart des Rotariens sont déjà engagés dans des organismes charitables, sociaux, professionnels ou qui relèvent de l'activité civique. Le profil rotarien est une heureuse synthèse des qualités de compétence et d'ouverture d'esprit.

On ne fait pas acte de candidature au Rotary. Ce sont les Clubs qui, périodiquement, révisent la liste des classifications vacantes et recherchent des candidats susceptibles de les remplir. Ces candidats doivent être des responsables (chefs d'entreprises, professions libérales, cadres dirigeants, travailleurs indépendants), le but étant de réunir des représentants d'activités les plus diverses. Depuis le Conseil de Législation de Caracas en 1995, chaque Club a la possibilité d'admettre comme nouveau membre une personne retirée des affaires. Mais, contrairement aux idées reçues, un Rotary Club n'est pas composé uniquement de grands patrons ; il s'y trouve des agriculteurs, des commerçants, des artisans, des enseignants, des journalistes, des artistes, des fonctionnaires. Le tout, comme pour le charbonnier qui était l'un des quatre fondateurs de 1905, est d'être "Maître chez soi", ou tout au moins d'exercer des responsabilités à un niveau de décision.

Après tout, à une époque où l'on commence à ressentir impérieusement la nécessité de remettre en valeur l'initiative personnelle, le Rotary fait plutôt figure de précurseur que de vestige du passé.

Et les Rotariennes...

Pendant de nombreuses années, les règles d'adhésion au Rotary ont reflété la société au moment de la fondation de l'association à Chicago. En effet, seuls les hommes pouvaient devenir membres. En 1987 et 1988, les Rotary Clubs du Canada et des Etats-Unis ont été autorisés à admettre des membres qualifiés de sexe féminin. Depuis le 1er juillet 1989, tout Rotary Club de tout pays peut admettre des femmes qui présentent les qualités requises.

Les règles d'adhésion à un Rotary Club sont fondées sur les statuts et le règlement intérieur du Rotary International et sur les statuts-types des Clubs. Ces documents peuvent être amendés par le Conseil de Législation du Rotary, composé de quelques 500 membres élus représentant les Rotary Clubs du monde, qui se réunissent tous les trois ans.

Les Clubs

Un Club est officiellement créé lorsqu'il reçoit du Rotary International sa charte ; il est organisé dans un territoire défini dans sa constitution avec, à sa tête, un président élu pour un an. Le Rotary International est la fédération d'environ 28 000 Clubs répartis dans le monde entier. Les Rotary Clubs de France ne rencontrent pas de difficultés pour être inscrits dans les préfectures, sous le régime de la fameuse loi de 1901 sur les associations.

Chaque Rotary Club doit s'efforcer de représenter une coupe transversale de l'activité économique et professionnelle de sa commune et doit dresser pour cela une liste des professions les plus courantes dans son aire de recrutement. C'est le système des classifications.

Lorsqu'une classification est vacante, les membres du Club proposent des candidatures qui sont examinées par le comité. Ce n'est pas forcément le représentant de la firme la plus importante qui est élu, mais le plus dynamique, le plus disponible, avec son avenir devant lui plutôt que derrière lui ; c'est surtout celui qui acceptera d'entrer au Rotary pour participer, pour mettre sa réussite professionnelle au service d'autrui et non pas dans l'espoir d'en tirer un avantage quelconque.

Le Manuel de Procédure, qui est aux Rotariens ce que le Larousse, le Robert sont aux écrivains et aux écoliers, précise qu'on ne peut admettre comme membre actif d'un Club qu'un seul représentant par classification. La raison se retrouve à l'origine même du Rotary : mettre en contact amical des personnes de professions différentes, pour les inciter à mieux se comprendre, à élargir leur horizon et à agir ensemble, alors qu'elles ne fréquentent d'habitude dans leurs organisations professionnelles que des confrères, parlant des problèmes de leurs professions, dans le jargon propre à leur métier.

Tout Rotarien nouvellement admis dans un Club s'aperçoit avant toute chose qu'il rencontre enfin des hommes de tous les horizons professionnels. Quoi de plus enrichissant pour un homme d'affaires que de rencontrer chaque semaine des professeurs, des médecins, des notaires et des avocats, autrement qu'à l'occasion d'un problème juridique, d'un conseil de classe ou d'un problème de santé ? Et réciproquement, combien de découvertes peuvent faire des professeurs ou des fonctionnaires en fréquentant de plus près le monde des affaires ?